Quelle est la procédure pour exclure un membre d'une association ?

Plusieurs raisons peuvent amener une association à souhaiter exclure ou radier un de ses membres.

Lorsqu'un membre d'une association ne remplit plus une condition expressément prévue par les statuts pour faire partie de l'association (par exemple, un membre d'une association de locataires qui déménage), la radiation du membre est alors automatique. Il ne s'agit pas d'une exclusion.

Les statuts déterminent librement les causes et la procédure d'exclusion. Ils peuvent également ne rien prévoir. Lorsqu'une procédure est prévue par les statuts, elle doit être rigoureusement suivie. À défaut, la sanction peut être remise en cause.

Différentes causes d'exclusion doivent être distinguées.

Lorsqu'un membre d'une association n'a pas payé ses cotisations, il faut se tourner vers les statuts de l'association :

  • si les statuts prévoient que le non-paiement de la cotisation entraîne la démission présumée du membre, l'association constate la démission de celui-ci. Il n'y a alors pas de procédure d'exclusion à mettre en place ;

  • si les statuts stipulent que la qualité de membre se perd par le non-versement de la cotisation annuelle , l'absence de paiement est alors considérée comme une faute susceptible d'entraîner une exclusion après respect d'une procédure disciplinaire ;

  • si les statuts n'ont rien prévu, l'absence de versement de la cotisation annuelle est une faute pouvant être sanctionnée par l'association, dans le cadre de la procédure disciplinaire prévue aux statuts.

Dans toutes ces hypothèses, tant qu'une décision de radiation ou d'exclusion n'a pas été prise par l'organe compétent et notifiée au membre, celui-ci conserve sa qualité de membre et doit, si nécessaire, être convoqué à l'assemblée générale et pouvoir y voter.

Une association peut souhaiter exclure un de ses membres pour un motif grave (par exemple, des agissements préjudiciable aux intérêts de l'association, des conflits graves entre membres, des manquements à la sécurité,  ...).

Dans ce cas, la réalité, la pertinence et la gravité de la faute doivent être démontrées par des éléments précis et circonstanciés susceptibles d'être discutés dans le cadre d'un débat contradictoire.

La procédure disciplinaire mise en place doit être celle définie par les statuts. En l'absence d'une instance spécialisée (ou s'il n'est pas prévu, par exemple, que le conseil d'administration ait mandat pour se prononcer), l'assemblée générale joue ce rôle.

Un courrier de mise en demeure, adressé au membre de l'association en recommandé avec accusé de réception, doit :

  • préciser le fait reproché ou la disposition statuaire auquel il contrevient ;

  • selon la nature du fait, lui demander de satisfaire à son obligation contractuelle, ou présenter ses explications concernant les faits ;

  • informer le membre de la sanction encourue et de la possibilité de présenter des observations ;

  • éventuellement, en fonction des statuts ou du règlement intérieur, le convoquer devant l'instance disciplinaire de l'association ;

  • et l'informer expressément qu'à défaut, il sera exclu de l'association.

En l'absence de réponse de la personne concernée, l'association lui adresse un courrier recommandé avec accusé de réception l'informant de son exclusion et des raisons qui la motivent.

En tout état de cause, le membre doit avoir la possibilité de se défendre avant la décision d'exclusion. Pour l'association, cette règle suppose de l'informer suffisamment à l'avance afin qu'il puisse prendre connaissance des motifs qui lui sont reprochés et de la sanction envisagée à son encontre.

Les statuts, ou un règlement intérieur, peuvent prévoir que la sanction prononcée est susceptible d'un recours interne devant un autre organe de l'association (organe d'appel). Certaines dispositions législatives ou réglementaires imposent ce recours pour certains types d'associations (par exemple, pour les fédérations sportives agréées).

Le membre exclu de l'association peut saisir le TGI pour contester son exclusion.

Où s'informer ?

Il peut également saisir le juge des référés s'il estime que la décision d'exclusion crée, par sa brutalité, un trouble manifestement illicite.

L'annulation par un juge d'une décision d'exclusion peut rendre à l'intéressé sa qualité de membre. Toutefois, le juge est souvent réticent à prononcer la réintégration, et prononce seulement le versement de dommages et intérêts.

Où s'informer ?

Textes de référence

Pour en savoir plus

Mise à jour le 01/12/2017 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Cette rubrique est réalisée en partenariat avec www.service-public.fr

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